Professor and Canada Research Chair in Urban Heritage University of Quebec in Montreal, Canada
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À la veille du jubilé d’ICOMOS Canada, qu’on célèbrera en 2025, cette table ronde vise à réunir les acteurs qui ont, ces dernières décennies, marqué la scène du patrimoine au Canada, particulièrement au sein ou auprès d’ICOMOS Canada. Dans un contexte de changements culturels, sociaux et économiques, il s’agit de mettre en discussion, d’évaluer et d’envisager le rôle, la position, le fonctionnement et la durabilité d’ICOMOS Canada, afin d’assurer la poursuite – ou l’ajustement – de la mission de cet organisme reconnu sur les scènes nationales et internationales pour sa contribution aux politiques et à l’expertise en matière de patrimoine. Comme d’autres organisations non gouvernementales et d’associations dans le domaine du patrimoine bâti et dans celui du patrimoine culturel, ICOMOS Canada fait aujourd’hui face à des enjeux importants. La croissance et la diversification des professions engagées dans le domaine du patrimoine, avec la pénétration de plus en plus importante des questions patrimoniales dans toutes les sphères de la société tendent, paradoxalement, à dissiper les liens étroits que de telles organisations entretenaient avec les gouvernements. Comment, dans ce contexte, la contribution d’ICOMOS Canada aux politiques publiques doit-elle et peut-elle se décliner? De quelle manière ICOMOS Canada se situe-t-il par rapport à d’autres organisations professionnelles et scientifiques dans le domaine du patrimoine, et comment ce rôle peut-il se structurer, fonctionnellement et financièrement, au bénéfice de tous? Dans un contexte de décolonisation et, plus généralement, de réorganisation des politiques patrimoniales, ICOMOS Canada, qui s’est traditionnellement engagé à l’égard de la participation publique et de politiques patrimoniales socialement responsables, est aussi susceptible de contribuer de manière spécifique et structurante à l’information et à l’action des gouvernements et à la prise de décision par les autorités publiques. Comment cette contribution devrait-elle prendre forme? Le cadre fédéral canadien comporte à cet égard ses propres enjeux: qui sont ou qui devraient être les interlocuteurs d’ICOMOS Canada, et comment l’organisme devrait-il se situer dans le continuum ou la discontinuité des politiques publiques, entre les responsables de la mise en œuvre des conventions internationales et les compétences subsidiaires, municipales ou provinciales par exemple? Et que dire, plus largement, de son insertion dans le contexte géopolitique nord-américain? En somme, à quoi doit servir ICOMOS Canada? Quelle est sa valeur sur la scène canadienne du patrimoine? Quelle est sa contribution sur la scène internationale? Quelles sont les conditions de possibilité et de durabilité de ces missions?